Prologue

Prologue
Je suis de toutes les essences, de chaque recoin de ce monde, présent dans chaque être qui
peuple cette terre, occupant ce que l'humain appelle âme, ou encore instinct.

Odeur acre traînante, douce musique qui pourtant les angoissent, je nais au crépuscule et meurs lorsque l'aurore se lève.
Vous me ressentez au plus profond de vos entrailles, lorsque le soir alors que vous sombrez dans le sommeil un soudain murmure vous susurre de ne pas fermer les yeux.
La peur.
Quel sentiment étrange n'est ce pas ?
Le monde moderne pourtant m'est de moins en moins acquis.... On ne croit plus en rien ! Les parents n'ont cesse de répéter à l'enfant d'une voix qui se veut rassurante « Ne t'inquiète pas mon chéri ,il n'y a pas de monstre ni dans le placard et encore moins sous ton lit... »
Alors, dans ce cas, pourquoi dès que l'obscurité envahit, des que la vapeur épaisse s'élève du sol, tremblez-vous ?
Au plus profond de vous-même vous me ressentez, vous nous ressentez.
Nous sommes une armée, une armée obscure qui existe depuis la nuit des temps.
On nous surnomme démons, monstres,spectres, selon notre apparence, car effectivement, certains nous voient.
Ils sont peu, souvent ces visions sont volontaires de notre part.
Nous aimons faire peur, causer le trouble autour de nous, un genre de hobbies voyez-vous.
Mais l'homme bizarrement trouve toujours des excuses minables pour justifier la singularité de notre existence...
Il est fou, il a bu, il est malade et j'en passe... Vaste plaisanterie
Plaisanterie qui m'énnerve au plus au point en ces temps.

Aussi commencez à être effrayés car si pour l'instant je ne survie que dans votre inconscient, je suis décidé à envoyer mes apôtres, mes créations.
Et quelque chose me dit que finalement là où les forêts ont laissé la place à vos buildings, là où les égouts ont remplacé les rivières nous nous multiplions, nous devenons chaque jour qui passe un peu plus fort.
Vous pensiez vos plus profonds cauchemars endormis à jamais, les croyances moyenâgeuses enterrées ?
Nous vivons tapis dans l'ombre, mais un jour viendra lorsque nous les aurons tous renversés, lorsque leur chair ne sera plus que débris, que leurs âmes seront perdues dans nos contrées brumeuses, alors nous sortirons de notre retraite, nous déverserons la terreur sur vous et nous nous montrerons enfin au grand jour comme à notre apogée.
Qui suis-je? Ni le mal, ni le bien je ne suis pas un démon, je ne suis pas un monstre, encore moins le diable, mais comprenez que nos deux espèces sont antagonistes de nature et qu il est bien naturel qu'après vous avoir laissé régner près d'un millénaire, l'envie me prenne aujourd'hui de revenir enfin dans la lumière et de connaître de nouveau les délices d'un festin agrémenté par les rayons du soleil.
Je vous guette, nous vous épions.
Ne marchez plus sans vous retourner car nous sommes derrière chacun de vous.
Prêts à attaquer, prêts à goûter votre élixir, prêts à vous rendre fous, haineux, ou bien encore prostrés par vos frayeurs les plus profondément ancrées.
Mon règne commence alors que le vôtre va s'éteindre.
Et je prédis que ce que vous dénommez Apocalypse est proche.











# Posté le samedi 11 août 2007 01:36
Modifié le samedi 11 août 2007 01:58

- Joyeux Anniversaire-

 - Joyeux Anniversaire-

Drôle d'idée de naître en décembre c'est ce qu'elle pensa en se levant ce matin du 14 décembre 2006.
Un jour pluvieux « comme d'hab. » on y était habitué à force à la pluie dans la ville de Valenciennes.
Le problème c'est que la balade avec Neva en rase campagne qu'elle avait planifié la vieille risquait de se transformer en joyeuse partie de ski hippique sur fond de boue, et Chloé n'était pas une fanatique des sports de glisse.

« Descends Léo... »
Elle l'avait dit avec presque autant de lassitude que la théâtrale descente du lit auquel se livra l'énorme chien couché à ses pieds.
Les pattes arrières encore sur le lit, les pattes avant sur le parquet il s'étira en poussant un spectaculaire grognement dont on pouvait se demander s'il était de contentement ou de l'intense ressentiment que l'animal éprouvait envers son propriétaire de l'avoir ainsi sorti du lit.
Chloé se décida après moult étirements de suivre le mouvement de Léo et s'extirpa douloureusement à son tour de la chambre.
Les yeux embrumés, elle vit trop tard que l'énorme molosse finissait sa nuit dans l'encart de porte. S'en suivit une ridicule pirouette et elle se retrouva entrain d'embrasser le sol du couloir une fraction de seconde plus tard....
« Fais ch.... Léo ! »
Léo regarda penaud l'être brun à plat ventre et ne trouva comme excuse que de mordre le visage de son maître, lui arrachant un bout de lèvres au passage.
-Aie ! Stop ! Ça suffit !
Mais Léo tenait réellement à se faire pardonner et suivit Chloé en lui mordant les doigts et lui lacérant le dos au prix de nombreux bonds qu'il exécutait avec l'allégresse d'un jeune chiot.
Elle ne se sortit du traquenard qu'en fermant à clé la porte de la salle de bain.
C'était agréable de ne pas avoir à faire la queue le matin pour se préparer, agréable de pouvoir se balader « à l'aise » dans tout son petit chez soi, encore plus délicieux de vivre la nuit (elle était complètement noctambule, ce qui avait poussé sa mère à lui louer ce rez- de-chaussée plein centre) sans parler du privilège de pouvoir laisser la porte ouverte des toilettes surtout lorsque comme Chloé la claustrophobie vous hante.
Elle venait d'avoir 21 ans, elle entrait dans l'âge adulte.
Si habiter seule comportait des commodités avantageuses, la solitude lui pesait profondément.
Nerveuse et angoissée Chloé essayait de suivre tant bien que mal son cursus universitaire, manquant la plupart de ses cours et maudissant sans cesse que l'emploi du temps commence chaque jour à 9h précise, heure à laquelle Chloé dormait généralement à poing fermé.
15h en général sonnait l'heure de son réveil, et ce jour d'anniversaire ne dérogeait pas à la règle.
Elle se regarda dans le miroir et malgré la douche et l'énorme couche de maquillage qu'elle venait de s'infliger-elle se trouva quelconque.
Brune, cheveux long bourrés d'épis et fourchus à souhait, l'½il d'un marron presque jaune, des kilos en trop, oui Chloé n'était pas un prix de beauté. « enfin à part Neva personne ne me verra aujourd'hui »
Elle n'était jamais satisfaite d'elle. Sa mère comme son beau-père lui reprochaient tous les jours de ne pas savoir s'assumer.
Oh! bien sur, faudrait être parfait de toute façon dans cette famille, pour qu ils soient content. Et puis Daniel n'avait jamais su remplacer son père mort alors qu'elle avait neuf ans.
Elle se souvenait de lui par flash, un homme brun, frisé qui jouait avec elle et ses amis d'enfance lors des fêtes d'anniversaires passées. Elle regrettait souvent cette époque, attristée de voir les souvenirs se réduire comme une peau de chagrin plus elle avançait en âge. Depuis la disparition de son père, elle avait changé.
Elle n'attendait aucun coup de fil pour son anniversaire, son caractère arrogant et ses petites phrases souvent blessantes l'avaient coupé de toutes relations pour ainsi dire normale avec les autres. De toute façon elle n'aimait pas la compagnie des autres, et lorsque que par miracle elle se trouvait en cours, elle adressait des sourires plus ou moins hypocrites engageant des conversations aussi futiles qu'énervante pour ceux (qu'elle avait le culot d'appeler ses amis) qui essayaient tant bien que mal de suivre le maître de conférence, chose impossible lorsqu'elle se trouvait dans les parages.

Après avoir enfilé son vieux jean ses bottes qui sentaient le crottin et passé le collier de Léo la jeune femme se retrouva dans la voiture sur le trajet qui la menait à son destrier.
Il s'agissait d'une écurie privée où sa monture était en pension depuis un an.
Neva hennit en entendant le moteur s'arrêter en face de son boxe, pendant que Léo se rua comme un diable sur le siège avant.
- Ca va ma belle ?

Pour toute réponse la grande boulonnaise d'une robe grise presque blanche tapa avec nervosité un antérieur dans sa porte de boxe.
- Calme-toi, j'arrive.

Alors qu'elle passait de la graisse sur l harnachement du cheval, elle eu un sourire en pensant à ses « camarades » d'amphi en plein cours d'histoire du droit, un cours qui ne provoquait en elle qu une somnolence rapide et efficace.
Neva fût prête rapidement et armé de sa chaise, Chloé enfourcha la bête qui se précipita au petit trot en direction du sentier qui menait droit à l'immense forêt de St Amand.
Le convoi était tout à fait incongru.
Beaucoup de cavalier se pavanait sur les longues pistes cavalières du domaine et l'apparition de Chloé sur son impressionnant boulonnais qui dépassait aisément les 800 kilos, de Léo ce chien qu 'elle avait ramassé sept années auparavant provoquait la stupéfaction, voir l'hilarité générale.
Effectivement, ils n'avaient rien à voir avec l'élégance naturelle des centaures de la région montés sur des destriers fins aux couleurs chatoyantes accompagnés de chiens racés.
Non, la troupe qui avançait dans la forêt sortait davantage d'un mauvais film de guerre.
Un cheval blanc sur lequel les taches d'urine étaient inévitable, un matériel si vieux qu'il semblait sortir d'une brocante, un cavalier à moitié avachit et pour parfaire le tableau, un animal trottinant dans la boue dont on pouvait se demander s'il s'agissait d'un chien ou d'un ours, tellement l'allure y était.
Mais dans ces moments là, la complicité entre les trois êtres était si forte, que Chloé oubliait tout.
Depuis son plus jeune elle était la proie de douloureuses crises d'angoisses qui se traduisaient par des instants de stress intenses dans le meilleurs des cas, à des étourdissements voir des crises de folie qui l'avait conduite maintes fois à l'hôpital et qui l'obligeait à voir au moins une fois par semaine un psychiatre qui pour toutes réponses à ses maux était plus que généreux en médicament de tout genre.
Alors elle ne troquerait ces moments sur ce trait calme, cet air frais, et cette lumière obscure qu'elle aimait tant pour rien au monde. Elle était heureuse.
Elle chantonnait et donnait les rênes à Neva, qui de ses mouvements lourds s'enfonçait cahin caha dans l'obscurité du lieu.
La forêt en ce jour de semaine lui semblait calme. La solitude ici n'existait pourtant pas. L'odeur de la terre mouillée, des feuilles en décomposition, le gazouillis des derniers oiseaux en cette fin de journée, un silence bienfaiteur, rompu de temps à autre par des coups de fusil lointain et les cris excités des chasseurs,
- M'énervent ceux là ! jvais me prendre une balle un jour, marmonna t-elle entre deux couplets de « Mon pays » le dernier tube en vogue sur toutes les radios de France et de Navarre.
La lumière déjà obstrue par les arbres baissait rapidement maintenant. Perdue dans ses pensées, hypnotisée par l'odeur acidulée de la nature se mêlant à celle de la sueur du cheval, ils s'enfoncèrent plus profondément, se faufilant entre les cimes.
Le bruit d'un galop effréné la sorti de sa rêverie.

Elle ne s'était pas rendu compte de l'heure.
A présent, il faisait vraiment noir, il devenait urgent de faire demi-tour surtout qu'ils avaient quitté la piste cavalière depuis longtemps.
Sa famille l'attendait à 21h pour couper le gâteau et si elle était en retard, sa mère s'inquièterait à juste raison.
D'une légère pression, elle demanda à la jument de faire demi-tour.
A présent la brume montait dans la forêt et malgré le médaillon blanc qui maculait la fourrure de Léo, il lui était impossible de le situer. Seul sa respiration haletante indiqua à la brune la présence du chien.
- trottez Neva
Le cheval se mit tranquillement au trot dans le noir qui désormais était intense.
Chloé ne savait pas du tout où elle se trouvait, elle décida aussi de se fier à l'instinct animal. Même dans le noir, un cheval retrouve toujours son chemin.
Cette règle sembla cependant déroger à Neva et lorsque Chloé regarda son portable, celui-ci afficha 22h11
Ils déambulaient depuis presque 5h dans la Forêt. Chloé commença à paniquer.
Elle essaya d 'appeler en vain sa famille, pas de réseau.
- Neva allez m.... Dans quel pétrin tu nous as fichus !

Chloé commença à ressentir des fourmillements dans les membres, prémices d'une crise d'angoisse proche. Se sentant épiée, elle se retourna à plusieurs reprises et cru voir une silhouette montée tout comme elle qui la suivait.
Mais dans cette nébuleuse, ses efforts pour percer le noir étaient inutiles. Le stress de ne pas savoir où elle se trouvait allié au sentiment d'être suivi la tiraillait au plus profond de ses entrailles.
L'angoisse arrivait, implacable, inévitable.
Pas de panique pas de panique, se répéta t-elle, garde ton calme ça va passer, ce n'est que toi qui provoque ça, panique pas !
Elle chercha mécaniquement ses calmants, solution à tout, retrouver le contrôle de soi, délivrance psychique, endormissement libérateur. Mais prendre cette drogue licite à cheval aurait été comme prendre le volant complètement ivre. Elle n'avait rien sur elle. Elle se retrouvait dans l'obligation d'affronter la peur.
Ses oreilles bourdonnèrent, rapidement elle fût prise de convulsions, de sensation d'étouffement. Elle cria de toutes ses forces. Le cheval se pointa. Les aboiements enragés du chien.
La vue complètement floue, elle plissa les yeux. La chose se dressait devant elle, comme éclairée par une horrible magie d'une aura bleu froid.
La gueule d'une hyène, la crinière d'un lion, le corps du sanglier, une longue queue pareille a celle du rat qui fouettait ses flancs suintant de crasse. La créature lança un grognement provocateur et gratta de ses sabots de chèvre le sol.
- Elle va attaquer, elle va attaquer... je suis folle c'est quoi ce truc ? Avance Neva !
Mais le grand quadrupède blanc se cabra alors que la terrifiante apparition fondait sur eux.
Elle perdit l'équilibre, sa tête heurta une souche.
Avant de s'enfoncer dans le noir, elle vit Léo se précipiter au secours de la jument, accompagné d'un autre chien identique et d'un cavalier monté sur un cheval dont elle ne pouvait distinguer la couleur.
Un objet scintillant à la main, il lui cria au passage.
- Joyeux anniversaire Chloé !
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# Posté le dimanche 12 août 2007 19:45